Les réponses aux traumatismes collectifs de la société naissent des petits objets des gens : interview d’une participante du programme — Vivato Eka

10 juin 2025
Une artiste à côté de son installation à l’exposition

Bonjour à tous ! Bienvenue dans le numéro 20 de notre série #ourstudents, une série d’interviews où nos participants parlent d’eux-mêmes et de leur art.

Pour ce numéro, j’ai invité l’artiste Vivato Eka (Ekaterina Sheludyakova).

Racontez-nous comment vous avez décidé de vous lancer dans l’art contemporain, et par où vous avez commencé.

Je cherchais un moyen de sortir de la dépression et j’ai commencé une art-thérapie avec une psychologue. Puis j’ai découvert sur les réseaux sociaux que l’art contemporain existait, et c’est parti))

Où avez-vous trouvé vos premières idées d’œuvres, et sont-elles toujours présentes aujourd’hui ?

En tant qu’amatrice de littérature classique russe, j’ai trouvé mes premières idées dans l’histoire de ma famille. Il était aussi important pour moi de travailler sur mes traumatismes psychologiques et les schémas familiaux qui me retenaient. Est venu ensuite un intérêt existentiel pour la vie, la mort et la culture funéraire.

Mes grands-mères vivent dans un village de la région de Voronezh, où j’ai passé beaucoup de temps enfant et adolescente. Une grande partie de mon inspiration vient aussi de là-bas — des icônes ajourées soviétiques, de vieilles pierres tombales faites main.

Les réponses aux traumatismes collectifs de la société naissent des petits objets des gens : interview d'une participante du…

Était-ce difficile d’intégrer les « Ateliers ouverts » de Winzavod ?

J’ai été admise à ma sixième tentative. Certains artistes sont pris dès la première.

Beaucoup dépend des personnalités et de la vision des mentors de la saison — ce sont eux qui décident en dernier ressort.

Je sais avec certitude que tout arrive en son temps. Intégrer un grand projet ou une grande exposition n’est pas difficile, mais l’important est d’y être prêt, de comprendre ce que l’on veut accomplir et quels sont ses objectifs. Alors, y participer donne un vrai coup d’accélérateur à sa carrière.

Qu’est-ce qui a été le plus précieux et le plus intéressant dans votre participation aux « Ateliers ouverts » ?

Le plus précieux a été l’expérience d’un premier grand projet et de mes premières ventes.

Les retours de ma mentore Lera Kononchuk m’ont aussi beaucoup aidée par la suite dans ma pratique.

Et le plus intéressant, c’était les fêtes avec les artistes dans les ateliers.

Y a-t-il eu des difficultés, en revanche ?

Les « Ateliers ouverts » ont été pour moi un vrai chemin de guerrière. J’ai été admise à un moment financièrement très difficile de ma vie et je n’avais pas d’argent pour le projet final. Pour être honnête, je n’avais même pas d’argent pour manger — je survivais avec un budget mensuel extrêmement réduit, mais j’étais tout de même très heureuse, car ma vie était pleine d’art et de gens qui pensaient comme moi.

Il y a eu une fin heureuse : j’ai réuni l’argent pour le projet le jour de mon anniversaire, en organisant un événement « caritatif » aux Ateliers ouverts.

De quoi parle votre art aujourd’hui ? Vous porte-t-il encore vers l’avant ?

Cet été, je voyage à travers la Russie ; j’ai visité le Vieux Cimetière d’Astrakhan et je rassemble des éléments pour ma recherche. Je vais poursuivre mon projet « Décor », en particulier en fabriquant de nouveaux kiots (coffrets en bois assemblés en bricolage, traditionnellement utilisés pour abriter des icônes).

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Quelles expositions ou autres réussites mettriez-vous en avant dans votre parcours jusqu’à présent ?

Cet hiver, il y a eu deux expositions inhabituelles — à la New Wing de Gogol House et à la Russian State Library for Young Adults, où j’ai réalisé de grandes installations.

Avec d’autres artistes, je construis aussi mon espace d’art « Présence ».

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Quel conseil donneriez-vous aux artistes émergents ?

Apprenez à vous écouter vous-même : comment vous voulez concrètement réaliser vos projets, comment vous voulez construire votre carrière.

Ne vous dispersez pas dans un million de candidatures, d’appels à candidatures et de marchés ; réalisez plutôt des projets cohérents et présentez-les aux galeries et aux lieux d’exposition.

Quels sont vos projets pour la suite ?

En ce moment, je prévois de terminer le projet « Décor » et d’organiser une exposition personnelle. Et de me concentrer sur les revenus tirés de mon art et sur le développement de ma marque de vêtements et d’accessoires upcyclés.

Pour ce qui arrive bientôt — le 22 août, j’ai participé à un happening à la galerie Fine Art, au Winzavod Center for Contemporary Art. Et à l’automne aura lieu une exposition intitulée « Cimetière ».

Dites-nous, la formation vous a-t-elle été utile ?

J’ai énormément appris sur le fonctionnement du monde de l’art et du marché. J’ai écrit mon premier artist statement et j’ai reçu les retours de Maria. Je dois mes premières expositions à Maria)))

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