Des tongs à l’art : une saison dans une résidence thaïlandaise

Quand on travaille sur un style plutôt que de simplement créer quelque chose de « joli », l’un des plus grands défis est de trouver un environnement où son langage visuel n’a pas besoin d’être traduit.
Sveta Yanetskaya, participante à la formation « Je veux entrer dans le monde de l’art ! », n’a pas seulement changé de pays — elle a réorienté son travail vers un marché plus proche du sien, tant visuellement que sur le plan conceptuel.

L’artiste est partie en résidence à Phuket et a littéralement commencé à ramasser son art sur la plage : ici, les artistes ne travaillent pas avec de la toile mais avec ce que la mer rejette sur le rivage. Plastique, pneus, morceaux de bateaux — ce n’est pas un geste écologique, c’est le matériau dans lequel ils s’expriment. Ce qui compte, c’est précisément la manière.
Voici le récit de la façon dont un style cartoonesque, un atelier ouvert et une chaleur de 37 degrés se sont révélés être une combinaison étonnamment juste.
Après avoir terminé la formation « Je veux entrer dans le monde de l’art ! », j’ai suivi le conseil de Maria et décidé de tourner mon attention vers le marché asiatique.
Et cela avait du sens : mon art puise depuis des années dans les cartoons est-asiatiques.

Je suis allée en Thaïlande, à Phuket, pour donner vie aux idées de mon projet d’exposition.
J’y ai rencontré des artistes thaïlandais qui travaillent à la résidence Art Village — un lieu authentique et plein d’ambiance, au sud de l’île, au bord de la mer d’Andaman. La résidence compte plusieurs ateliers, un pour chaque artiste. Le village artistique comprend aussi quelques galeries, des cafés et des bars, une salle de concert et une boutique de produits dérivés.

Cette résidence a une particularité : les artistes ne travaillent pas uniquement sur toile. Leur médium, c’est les déchets qu’eux-mêmes et d’autres bénévoles récupèrent en mer. Tongs, pneus, bouteilles en plastique et morceaux de bateaux se transforment tous en objets d’art. C’est la façon dont les artistes attirent l’attention sur l’environnement.
Ils m’ont accueillie chaleureusement et m’ont donné une place dans l’un des ateliers. Mon mentor était Niran Chanhom. Il travaille actuellement sur des peintures de grand format. Chaque jour, j’avais droit à du matcha, de l’eau et des compliments sur mon travail 😃 Ils m’ont installé un chevalet, une chaise de streamer, un éclairage, un ventilateur (travailler dehors par 37 degrés est éprouvant) et tout le matériel qui me manquait.

Comme cette résidence est publique, les touristes viennent souvent s’y détendre, s’amuser et profiter de ce cadre inhabituel. Pendant que vous peignez, des gens de toutes les cultures peuvent venir vers vous : Thaïlandais, Allemands, Français, Russes et bien d’autres. Ils vous font des compliments — ce qui est merveilleux et vous met dans un état d’esprit de travail complètement différent de celui d’un atelier en solitaire.
Parfois, ils demandent aussi tout de suite le prix.
Ce n’étaient pas seulement des artistes thaïlandais qui travaillaient à mes côtés dans cette résidence, mais des personnes venues de toutes sortes de pays. Dans mon atelier, il y avait un artiste des Philippines et des artistes venus de Russie et du Kazakhstan.
Créer ici était d’un confort extraordinaire : mon style cartoonesque ne rencontrait aucune résistance et s’intégrait tout naturellement à cet environnement, tandis que le soutien de la communauté et le flot de nouvelles idées autour de moi me donnaient encore plus de raisons de créer.
Un immense merci à Maria de m’avoir orientée dans la bonne direction ❤️
Envie de construire une carrière dans l’art ?
Les formations en ligne d’OnStudy, dirigées par la commissaire d’exposition Maria Hiltunen-Sedoshenko : management de l’art, vente d’œuvres et construction d’une carrière d’artiste.