Résidence d’artiste : de quoi s’agit-il, comment choisir un programme et candidater

8 août 2026
Résidence d'artiste : comment choisir un programme et déposer une candidature qui sera retenue

Une résidence d’artiste est un programme dans le cadre duquel un artiste dispose de temps, d’un espace et de certaines conditions pour travailler à son projet. Certaines résidences mettent à disposition un atelier et des matériaux, d’autres prennent en charge l’hébergement et le voyage. Certains programmes reposent sur une recherche autonome, d’autres réunissent plusieurs artistes autour d’un thème commun. Pour un artiste débutant, une résidence peut être la première expérience de travail avec une institution professionnelle.

On entre en résidence par un appel à candidatures, c’est-à-dire un concours ouvert. Pour y participer, il faut en général un portfolio, un CV d’artiste, une présentation de sa pratique artistique et une note d’intention de projet. Mais le jury n’évalue pas le nombre de réussites inscrites dans une biographie : il évalue la mesure dans laquelle l’artiste et son idée correspondent au programme. Voyons comment trouver une résidence d’artiste adaptée, préparer les documents et expliquer pourquoi les organisateurs devraient retenir votre projet.

Qu’est-ce qu’une résidence d’artiste, et en quoi diffère-t-elle d’une exposition ?

Pour une exposition, l’artiste présente le plus souvent des œuvres déjà réalisées. En résidence, une part importante du travail se fait pendant le programme lui-même.

Par exemple, un artiste explore le thème du patrimoine industriel. Il peut se rendre dans une région où subsistent d’anciennes usines, étudier les archives locales, parler avec les habitants et créer une œuvre à partir du matériau recueilli.

Le lieu compte ici. Si le même projet peut être réalisé tel quel dans son propre atelier, le lien avec la résidence ne sera pas assez convaincant.

On parle alors d’approche in situ. Un projet in situ (site-specific) est conçu en fonction d’un espace précis, de son histoire, de ses particularités ou de sa communauté.

Toutes les résidences n’exigent pas une telle recherche. Certains programmes offrent aux artistes des conditions de travail autonome, sans lien obligatoire avec le territoire. Il faut donc avant tout lire la description du programme concerné.

Dans les résidences thématiques, les organisateurs ont leur propre objet de recherche.

Un programme peut, par exemple, être consacré à la culture industrielle d’une région. Les organisateurs invitent des artistes parce que chacun peut proposer son regard sur ce thème.

L’un travaille la photographie et étudie l’architecture des usines abandonnées. Un autre pratique le textile et se tourne vers l’histoire de la production locale. Un troisième crée des pièces sonores à partir des souvenirs d’anciens ouvriers.

Les trois projets se rattachent au thème commun, mais recourent à des méthodes artistiques différentes.

Pour la résidence, cette collaboration permet d’aborder la question choisie sous plusieurs angles. L’artiste, lui, peut développer sa propre recherche dans des conditions difficiles à réunir seul.

Le programme s’achève souvent par un atelier ouvert, une rencontre avec le public ou une présentation des résultats. Il donne parfois lieu à une exposition, à une publication ou à une œuvre qui reste sur place. Le résultat précis dépend des conditions de participation.

Quels types de résidences d’artistes existent, et qu’apportent-elles ?

Les résidences d’artistes diffèrent par leur durée, leur thème, leur financement et leurs exigences envers les participants.

Certaines durent quelques semaines, d’autres plusieurs mois. Ici l’artiste travaille seul, là il échange régulièrement avec des commissaires et d’autres participants.

Les résidences de recherche et les résidences thématiques

Ces programmes proposent un thème ou un territoire à étudier.

Les artistes peuvent par exemple être invités à explorer les savoir-faire locaux, le milieu naturel, la mémoire urbaine ou les relations entre l’humain et la technologie.

Le participant doit montrer en quoi ce thème se rattache à ses travaux précédents et ce qu’il compte explorer sur place.

Les résidences de production

Dans ces programmes, l’accent est mis sur la réalisation des œuvres.

Les organisateurs peuvent fournir un atelier, du matériel, des matériaux ou l’aide de spécialistes.

Ce format est particulièrement utile aux artistes dont les projets exigent des conditions inaccessibles dans un atelier ordinaire.

Mais la mise à disposition de moyens de production ne signifie pas toujours la prise en charge de tous les frais. Il faut vérifier à part ce que comprend le soutien.

Les programmes de formation et les programmes collectifs

Certaines résidences organisent des rencontres avec des commissaires, des discussions autour des œuvres, des conférences et des séances de travail en commun.

Les artistes peuvent y recevoir des retours, rencontrer les autres participants et mieux comprendre le fonctionnement du milieu professionnel de l’art.

Pour un artiste débutant, cette expérience est particulièrement précieuse. Il apprend à présenter son travail à des personnes qui le découvrent.

Les résidences internationales

Les programmes à l’étranger permettent de travailler dans un autre contexte culturel et de découvrir la scène artistique locale.

Une résidence internationale n’implique toutefois pas nécessairement un financement intégral.

Les conditions peuvent varier sensiblement : un programme prend en charge l’hébergement et l’atelier, un autre couvre en plus le voyage et les matériaux, un troisième ne fournit qu’un espace de travail.

Il existe aussi des résidences payantes, où le participant finance lui-même son séjour.

Avant de candidater, il faut savoir qui paie quoi. Une participation gratuite, la mise à disposition d’un atelier et un programme entièrement financé recouvrent des conditions différentes.

Qu’apporte une résidence à la carrière d’un artiste ?

Une résidence peut aider à plusieurs étapes du parcours professionnel.

  • Un nouveau projet. L’artiste peut poursuivre sa recherche ou essayer une autre manière de travailler.
  • Des contacts professionnels. Les participants échangent avec des commissaires, des organisateurs et d’autres artistes.
  • Une expérience d’exposition. Si un programme public est prévu, c’est l’occasion de présenter les résultats au public.
  • Un CV qui s’étoffe. La participation à un programme doté d’une sélection professionnelle entre dans le parcours de l’artiste.
  • Des retours. La discussion autour des œuvres aide à voir si le propos artistique se comprend sans les explications de l’auteur.

La participation ne garantit pas, à elle seule, la vente d’œuvres ni une collaboration avec une galerie.

Sa valeur dépend de ce que l’artiste a pu accomplir pendant le programme et de la manière dont il a tiré parti de cette expérience ensuite.

Comment choisir une résidence d’artiste, et où trouver les appels à candidatures ?

Mieux vaut commencer la recherche à partir de sa propre pratique artistique plutôt que d’une liste d’appels ouverts.

Supposons qu’un artiste explore depuis plusieurs années le thème de la mémoire personnelle. Son portfolio comprend des photographies d’archives familiales, des œuvres textiles et des installations.

Une résidence consacrée à l’histoire locale ou au travail sur les archives peut lui convenir. Même si les matériaux et les techniques diffèrent de ceux qu’il a utilisés jusque-là, le lien entre les recherches sera lisible.

Un programme tourné exclusivement vers la création d’œuvres sur le paysage naturel demandera, lui, une autre justification.

Déterminez d’abord quels thèmes traversent vos œuvres. Demandez-vous ensuite ce que vous attendez précisément d’une résidence.

Vous avez peut-être besoin d’accéder à certains matériaux. Ou vous souhaitez explorer un territoire auquel votre pratique est liée. Pour un autre artiste, la possibilité de travailler aux côtés de collègues et de discuter des résultats comptera davantage.

Vous pouvez alors passer à la recherche.

Où trouver les appels ouverts ?

Les annonces de résidences sont publiées sur les sites des programmes eux-mêmes, sur les réseaux sociaux des institutions artistiques et dans les lettres d’information et les canaux spécialisés.

Il est utile d’enregistrer les pages des lieux qui vous intéressent et de suivre leur actualité.

Ne vous limitez pas à une seule source. Certains appels ne sont connus que peu de temps avant la clôture des candidatures.

Un dossier préparé à l’avance permet de réagir plus vite à ces annonces.

Si vous trouvez un programme adapté deux semaines avant la date limite, il est bien plus simple d’ajuster un portfolio et une description de projet existants que de tout créer de zéro.

Comment vérifier qu’un programme vous convient ?

Ouvrez le site officiel de la résidence et examinez les conditions une à une.

  1. Thème et orientation. L’intérêt de recherche des organisateurs rejoint-il votre pratique ?
  2. Qui est admis. Y a-t-il des restrictions d’âge, de nationalité, de lieu de résidence ou de discipline artistique ?
  3. Durée. Pourrez-vous être sur place pendant toute la période requise ?
  4. Financement. Que fournissent les organisateurs, et quels frais restent à la charge du participant ?
  5. Obligations. Faut-il animer des rencontres ou des ateliers, réaliser une œuvre précise ou participer à une présentation finale ?
  6. Documents. Quels fichiers sont demandés, dans quelle langue et sous quel format ?
  7. Droits sur les œuvres. À qui appartiendront les œuvres créées, et quels droits d’utilisation les organisateurs obtiendront-ils ?

Regardez les éditions précédentes du programme.

Voyez quels artistes y ont participé, sur quels thèmes ils ont travaillé et ce qu’ils ont réalisé pendant leur séjour.

On comprend ainsi plus facilement les intérêts réels du lieu.

Si le thème annoncé semble convenir mais que les projets précédents sont très éloignés de votre pratique, il vaut la peine d’étudier de plus près les critères de sélection.

Peut-on candidater à des résidences à l’étranger ?

Si les conditions ne comportent aucune restriction explicite de nationalité, le fait que les artistes de votre pays ne soient pas mentionnés ne signifie pas, en soi, que vous ne pouvez pas participer.

Il faut vérifier le règlement du programme concerné.

Certaines résidences, par exemple, n’acceptent que les ressortissants de certains pays ou les personnes qui résident de façon permanente sur un territoire précis.

Dans d’autres cas, les restrictions peuvent tenir aux visas, au financement ou aux conditions d’une bourse.

Il est utile de regarder qui a participé aux saisons précédentes. S’il reste un doute, vous pouvez écrire aux organisateurs pour savoir si vous pouvez candidater.

Même le respect des critères formels ne garantit pas une réponse positive. Mais il n’y a pas non plus lieu de renoncer à un programme intéressant au seul motif que votre pays n’y est pas mentionné.

Comment entrer en résidence d’artiste : quels documents faut-il pour candidater ?

La plupart des sélections sur concours commencent par une candidature en ligne.

Le jury découvre l’artiste à travers un nombre limité d’images et de textes. À la première étape, il n’est généralement pas possible d’expliquer chaque œuvre de vive voix.

Les documents doivent donc donner une vision d’ensemble de votre pratique artistique.

La composition exacte du dossier est fixée par les organisateurs. Les pièces suivantes sont le plus souvent demandées.

Le portfolio

Le portfolio est une sélection d’œuvres qui permet de comprendre comment travaille l’artiste.

Comme base de travail, on peut préparer 10 à 15 œuvres, sauf si le programme concerné fixe un autre nombre.

Pour chaque œuvre, indiquez le titre, l’année de création, la technique et les dimensions.

Si vous présentez de la vidéo, ajoutez la durée. Pour une performance, il peut falloir une documentation qui permette de comprendre comment l’action s’est déroulée.

Les images doivent être de bonne qualité et les légendes claires.

Ne surchargez pas les pages de longues explications. Le portfolio sert d’abord à montrer l’art.

Tenez compte du thème de la résidence dans le choix des œuvres.

Si, par exemple, l’artiste pratique la peinture et la photographie et que le programme est consacré à une recherche visuelle sur le milieu urbain, il vaut la peine de montrer les œuvres qui traduisent cet intérêt de la façon la plus convaincante.

Il n’est pas nécessaire d’inclure tout ce qui a été créé ces dernières années.

Le texte de démarche (artist statement)

Le texte de démarche est un court texte sur la pratique artistique de l’artiste.

Il doit aider une personne qui n’a jamais rencontré l’artiste à comprendre son art.

Un bon texte de démarche répond à trois questions.

Sur quoi l’artiste travaille-t-il ? Indiquez les thèmes et les moyens artistiques.

Comment sa recherche évolue-t-elle ? Montrez le lien entre les œuvres et expliquez pourquoi les thèmes ou les manières de travailler changent.

Pourquoi cela compte-t-il pour le spectateur ? Dites quelle expérience ou quelle question vous proposez de penser à travers l’art.

Un artiste crée, par exemple, des objets textiles en puisant dans la mémoire familiale.

Plutôt qu’une affirmation générale sur l’importance des souvenirs, on peut expliquer en quoi l’usage du tissu est lié à la transmission de l’expérience entre les générations, et pourquoi le spectateur peut reconnaître sa propre histoire dans ce thème.

Si l’artiste passe peu à peu de l’archive personnelle à une recherche sur la mémoire collective, ce lien mérite lui aussi d’être indiqué.

Il montre que les nouvelles œuvres prolongent la recherche précédente au lieu d’apparaître par hasard.

Le CV et la courte biographie

Le CV d’artiste est une liste de réalisations professionnelles.

On y inscrit les expositions, les résidences, les prix, les publications et les autres événements liés à la pratique artistique.

La courte biographie répond à un autre besoin. Elle permet de comprendre rapidement à qui l’on a affaire, où l’artiste travaille et ce qu’il fait.

Si l’artiste n’a pas encore eu d’exposition personnelle, ce n’est pas une raison pour inventer des réussites ni pour renoncer à candidater.

Mentionnez les projets collectifs réels et les autres événements pertinents.

Certains programmes s’adressent précisément aux artistes débutants.

La note d’intention de projet

On appelle ainsi la description de ce que vous comptez explorer ou créer pendant la résidence.

À la différence du texte de démarche, qui parle de votre pratique dans son ensemble, la note d’intention porte sur une idée précise.

Elle doit correspondre au thème du programme et aux moyens qu’il offre.

Les organisateurs peuvent demander en complément des esquisses, un calendrier, un budget prévisionnel ou une fiche technique.

Si le règlement fixe une limite de pages, de poids de fichier ou de longueur de texte, il faut la respecter.

Même une proposition artistique forte peut échouer au contrôle formel à cause d’un dossier mal présenté.

Comment écrire une lettre de motivation pour une résidence ?

La lettre de motivation doit expliquer pourquoi la collaboration a du sens pour les deux parties.

L’erreur courante consiste à ne parler que de son propre désir de participer.

Par exemple :

« Votre programme m’intéresse beaucoup. Je souhaite rencontrer d’autres artistes, acquérir une nouvelle expérience et développer mes compétences. »

Une telle lettre pourrait être envoyée à pratiquement n’importe quelle résidence.

Elle ne dit rien aux organisateurs de ce qui fait que cet artiste, précisément, convient à leur programme.

Une explication concrète est bien plus convaincante.

Admettons qu’un artiste explore la manière dont les souvenirs personnels se rattachent au milieu urbain. Il trouve une résidence consacrée à l’histoire d’un quartier industriel.

Dans sa lettre de motivation, il peut écrire :

« Dans mes projets, j’explore la manière dont la mémoire personnelle se conserve dans l’espace urbain. Le thème de votre résidence est lié à l’histoire d’un quartier industriel : je souhaite donc étudier les souvenirs des personnes qui ont travaillé dans les usines locales. À partir de cette recherche, je prévois de réaliser une série de photographies et de textes. »

On voit ici le lien entre la pratique antérieure et le thème proposé.

On comprend pourquoi l’artiste a besoin de ce contexte précis et ce qu’il compte faire.

Quelles questions posent les organisateurs ?

Outre la lettre de motivation, le formulaire peut comporter des questions distinctes.

En quoi la participation au programme sera-t-elle utile à votre pratique artistique ?

Dites quelle part de votre recherche vous pourrez développer grâce aux conditions de la résidence.

L’accès aux archives locales, par exemple, vous aidera à poursuivre un thème que vous étudiez depuis plusieurs années.

Lequel des thèmes de la résidence vous intéresse ?

Nommez un aspect précis et expliquez son lien avec vos œuvres précédentes.

Si le programme est consacré à la matière fluide, il ne suffit pas d’écrire que le thème vous paraît intéressant.

Il faut montrer comment il croise votre méthode artistique. Peut-être travaillez-vous déjà sur la modification des propriétés physiques des matériaux, ou explorez-vous l’instabilité de la forme.

Qu’attendez-vous du programme ?

Il est pertinent ici de parler des conditions pratiques.

Vous avez par exemple besoin d’un atelier pour travailler un matériau précis, ou de pouvoir échanger avec les habitants dans le cadre de votre recherche.

Qu’est-ce qui compte pour vous dans le travail en commun ?

Cette question porte sur l’organisation du processus.

Vous pouvez indiquer le mode d’échange que vous préférez, les conditions de travail qui vous sont nécessaires ou les particularités du projet dont les organisateurs doivent tenir compte.

N’essayez pas de donner la même réponse à toutes les questions.

Chacune aide le jury à voir un aspect particulier de la future collaboration.

Faut-il un modèle de lettre de motivation ?

Il n’existe pas de texte unique qui convienne à toutes les résidences.

Un modèle type peut servir à comprendre la structure, mais le contenu doit être adapté au programme concerné.

Il est commode de construire la lettre autour de quatre parties :

  1. Ce que vous faites en tant qu’artiste.
  2. En quoi votre pratique se rattache au thème de la résidence.
  3. Ce que vous proposez précisément d’explorer ou de créer.
  4. Pourquoi les conditions du programme conviennent à la réalisation de l’idée.

Il n’est pas nécessaire de séparer ces parties en paragraphes distincts si les organisateurs demandent une réponse très courte.

L’essentiel est qu’à la lecture on comprenne pourquoi l’artiste a choisi ce lieu et quel travail il compte y mener.

Comment construire un projet pour une résidence d’artiste ?

La note d’intention doit montrer que l’idée se rattache au thème du programme et peut être réalisée dans le délai imparti.

Commencez par une courte description de l’intention.

Un artiste souhaite, par exemple, explorer la manière dont la mémoire d’un quartier industriel change après la fermeture des usines.

En soi, une telle intention n’est pas encore un projet abouti.

Il faut expliquer ce qui se passera concrètement pendant la résidence.

Décrivez le lien avec le lieu

Indiquez pourquoi la recherche doit être menée sur le territoire choisi.

Dans l’exemple cité, l’artiste peut avoir besoin des archives locales et d’échanges avec des personnes qui se souviennent du travail dans les usines.

Voilà une raison concrète de venir ici précisément.

Si le lien avec le territoire fait défaut, le jury peut estimer que le projet ne répond pas aux objectifs du programme.

Expliquez votre méthode artistique

La méthode montre de quelle manière l’artiste travaillera le thème.

Selon la pratique, il peut s’agir de photographie, d’entretiens, d’étude d’archives, de travail à partir d’objets trouvés ou de création d’objets.

Un artiste prévoit, par exemple, de recueillir les souvenirs des habitants et de les mettre en regard de photographies actuelles du territoire.

On comprend déjà d’où viendra le matériau des futures œuvres.

Définissez le résultat attendu

Le résultat peut être une série de photographies, une installation, une publication ou une autre œuvre.

La recherche suppose parfois une part d’expérimentation, de sorte que la forme finale du travail peut changer.

Il convient alors d’indiquer les résultats possibles et d’expliquer de quoi dépendra le choix.

Inutile de promettre à l’avance ce que l’on ne peut pas garantir.

Établissez un calendrier réaliste

Découpez le travail en étapes.

Pour une résidence courte, cela peut être la découverte du territoire, la collecte du matériau, la réalisation des œuvres et la préparation de la présentation finale.

La durée de chaque étape doit correspondre à la complexité du projet.

Si le programme dure deux semaines, mieux vaut ne pas promettre une installation de grande ampleur qui demande plusieurs mois de production.

Tenez compte de la disponibilité du matériel et des matériaux.

Il est utile de réfléchir à l’avance à la façon dont le projet évoluera si vous n’obtenez pas l’accès aux archives ou si les rencontres prévues n’ont pas lieu.

Vérifiez ce dont vous avez besoin de la part des organisateurs

Indiquez les conditions sans lesquelles le projet ne peut pas être réalisé.

Il peut s’agir, par exemple, d’un matériel spécifique, d’une aide pour organiser des rencontres ou d’un local d’une certaine dimension.

Si un budget prévisionnel est demandé, énumérez les dépenses envisagées.

Ne partez pas du principe que la résidence fournira automatiquement tout le nécessaire. Le soutien est défini par son règlement.

Vérifiez par ailleurs si le résultat final doit rester chez les organisateurs.

Certains programmes prévoient la remise de l’œuvre ou de sa documentation, d’autres n’imposent rien de tel.

Mieux vaut clarifier ces conditions avant de déposer sa candidature.

Pourquoi les candidatures en résidence sont-elles refusées ?

Même un portfolio de qualité ne garantit pas de passer la sélection.

Le jury considère l’artiste dans le contexte d’un programme précis. Une pratique artistique solide et une candidature adaptée ne coïncident donc pas toujours.

Parmi les erreurs courantes, on trouve les suivantes.

Des réponses générales au lieu d’une proposition concrète. L’artiste parle de son désir de progresser et de rencontrer des collègues, mais n’explique pas ce qu’il compte explorer.

L’absence de lien avec le thème. Un projet peut être intéressant en soi sans correspondre à l’orientation de la résidence.

Un ensemble d’œuvres disparate dans le portfolio. Si les œuvres portent sur des thèmes différents, il est important de montrer comment la pratique évolue. Sans explication, la sélection peut paraître décousue.

Un calendrier irréaliste. L’artiste propose un travail de grande ampleur sans tenir compte de la durée du programme, du budget et des conditions techniques.

Un résultat flou. Les organisateurs ne comprennent pas ce que le participant compte présenter à la fin de la résidence.

Des erreurs dans les documents. Un format inadapté, un dépassement de la longueur autorisée, l’absence de légendes ou des liens inaccessibles peuvent empêcher l’examen de la candidature.

Un manque d’attention aux conditions de participation. L’artiste ne vérifie pas le programme public obligatoire, les engagements financiers ni les modalités d’utilisation des œuvres créées.

Un problème à part tient à la tentation de déposer le même projet à tous les appels ouverts.

Le dossier de base peut effectivement être préparé à l’avance. Mais la motivation et la note d’intention doivent être mises en rapport avec les objectifs de chaque lieu.

Un refus ne témoigne pas nécessairement d’un niveau insuffisant.

Le programme a peut-être reçu de nombreuses candidatures adaptées, ou le jury a retenu des artistes aux approches de recherche différentes.

Il est plus utile d’évaluer si le lien entre votre pratique et le thème de la résidence a été montré de façon convaincante que de prendre chaque refus pour un jugement sur l’ensemble de votre travail.

Questions fréquentes

Peut-on entrer en résidence d’artiste sans expérience d’exposition ?

Oui, si le programme accepte les artistes débutants et n’impose pas d’historique d’expositions. Dans ce cas, le portfolio, la cohérence de la pratique artistique et la qualité de la note d’intention prennent une importance particulière. Les conditions sont à vérifier pour chaque résidence.

Existe-t-il des résidences d’artistes gratuites ?

Oui. Certains programmes fournissent un atelier et un hébergement, d’autres financent en plus le voyage, les matériaux ou la production des œuvres. Mais une participation gratuite ne signifie pas toujours la prise en charge de tous les frais. Avant de candidater, il faut étudier les conditions financières.

Faut-il obligatoirement créer une œuvre pendant la résidence ?

Pas toujours. Dans les programmes de recherche, le résultat peut être une documentation, une présentation du processus ou un matériau pour la suite du travail. D’autres résidences exigent une œuvre achevée ou une exposition finale. Tout dépend du règlement du programme.

Dans quelle langue rédiger une candidature à une résidence internationale ?

Dans la langue indiquée par les organisateurs. Si le dépôt est prévu en anglais, les documents doivent être préparés en anglais. N’envoyez pas un portfolio dans votre langue sans traduction si le règlement ne le permet pas.

Combien d’œuvres inclure dans un portfolio pour une résidence ?

Pour un dossier polyvalent, on peut préparer 10 à 15 œuvres. Mais si un programme en demande un autre nombre, il faut suivre ses exigences. Mieux vaut montrer quelques projets liés entre eux qu’un grand nombre d’œuvres sans logique de sélection lisible.

Que faire si l’on n’a pas été retenu ?

Vérifiez que la candidature correspondait au thème et aux conditions formelles du programme. Regardez si votre pratique artistique et votre projet étaient présentés avec clarté. Si les organisateurs proposent un retour, servez-vous-en pour la candidature suivante. Un refus ne signifie pas, en soi, que l’idée ne convient pas à d’autres résidences.

Par où commencer pour préparer sa première résidence ?

Choisissez un programme dont le thème croise réellement votre travail. Étudiez les projets des participants précédents et les conditions du prochain appel à candidatures. Ouvrez ensuite votre portfolio et écrivez deux phrases : quel thème vous explorez déjà, et pourquoi travailler dans cette résidence précisément vous aidera à poursuivre cette recherche. Si le lien est concret, vous pouvez passer à la préparation de la note d’intention et des autres documents.

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